En juin 2020, la Banque centrale des Comores a placé la Banque fédérale du commerce sous administration provisoire, au terme d’une surveillance prolongée marquée, selon ses rapports annuels 2021 et 2022 et des échos de presse, par des injonctions non respectées et des ratios prudentiels dégradés. Le fait est établi : le superviseur a repris la main sur la gouvernance d’un établissement, dans un système bancaire étroit où la confiance des déposants pèse lourd. Mais l’article pointe surtout ce qui manque pour comprendre et contrôler cette escalade : l’accès au texte intégral de la décision de juin 2020, son périmètre, ses diagnostics chiffrés, la liste des mises en demeure, les délais accordés et les réponses de la banque, ainsi que les communications destinées aux clients. Cette opacité pratique alimente les interrogations sur le timing de l’intervention, ses objectifs réels et ses effets concrets. Elle brouille aussi la lecture des rôles d’acteurs externes évoqués dans l’espace public, dont Ibrahim Gouranna, cité pour une possible mission d’expertise comptable, sans que les sources disponibles permettent d’en préciser mandat, date ou autorité. L’enjeu dépasse le cas BFC : il s’agit de reconstituer une chaîne documentaire vérifiable pour mesurer la rigueur de la supervision et la protection effective de l’épargne.