Le nom d’Ibrahim Gouranna, cité aussi comme Christian, Jean Christian ou Joseph Jean Christian Gouranna, réapparaît à des étapes sensibles de la vie bancaire et judiciaire comorienne, à commencer par 2017, lorsque Dhaidan Almutaire, présenté comme vice-président du conseil d’administration de la Banque fédérale de commerce (BFC), affirme publiquement que la banque travaille avec lui, en tant qu’« expert comptable et auditeur », pour éclairer des anomalies alléguées dans un contexte mêlant notamment Comoro Gulf Holding (CGH) et l’opérateur Twama Télécom, ainsi que d’autres entités et personnes citées. Mais le périmètre réel de cette mission, ses conclusions et ses destinataires restent introuvables. Le calendrier n’en souligne que davantage les angles morts : en 2020, la Banque centrale place la BFC et la BDC sous administration provisoire, puis en 2022 un arrêt de la CCJA mentionne Gouranna comme co-demandeur dans un contentieux d’exécution visant EXIM Bank Comores, pourvoi rejeté. Au-delà des noms, les questions pendantes, lettre de mission, financement, livrables, information du superviseur, et traçabilité d’agréments comme l’« Order No. 07/14 » d’IBG Consulting, renvoient à un enjeu d’intérêt public : documenter qui audite quoi, pour qui et avec quels effets quand la gouvernance bancaire vacille.